Je suis allée à la Delhi Art Fair avec l’envie de découvrir, de me nourrir, d’ouvrir mon regard.
Deux artistes m’ont profondément marquée.
D’abord Marie Gastini, représentée par la galerie Aequo à Mumbai.
Ses appliques en bronze doré, presque solaires, dialoguent avec des touches argentées plus froides. Le métal est travaillé, compressé, presque froissé. Des chaînes épaisses tombent avec assurance.
C’est fort.
Ça tient.
Ça ne s’excuse pas d’exister.
Et pourtant, il y a aussi le fil.
Des fils noués, répétés, presque domestiques.
Le bronze est dense, mais il garde la mémoire du textile.
Puis Sharmi Chowdhury, représentée par la galerie Veda.
Une figure silencieuse, protégée dans une vitrine.
En m’approchant, j’ai découvert le papier — du hanji, souple et incroyablement résistant.
Des plis, des couches, des superpositions.
C’est fragile.
Et pourtant, cela tient.
Chez l’une, la matière lourde et assumée.
Chez l’autre, la délicatesse structurée.
Ce qui m’a touchée, dans ces deux rencontres, c’est la transformation.
À partir de quoi naît une forme ?
À quel moment une émotion devient matière ?
La force et la fragilité ne sont pas opposées.
Elles ne font qu’un.
Et c’est peut-être dans la fragilité que la force prend racine.