Je suis allée voir l’exposition de Subodh Gupta au NMACC de Mumbai.
C’est un artiste majeur de la scène contemporaine indienne. Il travaille à partir d’objets du quotidien comme des assiettes, des ustensiles ou ces boîtes en inox qu’on appelle tiffins, utilisées pour transporter les repas. Il en fait des œuvres très liées à la mémoire et aux gestes de la vie.
Ce qui m’a marquée, c’est que l’exposition ne se découvre pas comme une succession d’œuvres, mais comme un mouvement.
On passe de gestes très simples, comme cuisiner, attendre ou partager un repas, à quelque chose de plus vaste, presque invisible, comme le temps, l’histoire ou la mémoire.
Dans une salle, des rangées de grandes assiettes en inox, appelées thalis en Inde, sont posées au sol.
En les regardant, je me suis souvenue de l’école, où l’on attendait que tout le monde ait fini de manger avant de se lever.
À travers toute l’exposition, il revient à ces gestes répétés, au travail du quotidien, à tout ce que l’on fait sans y penser, mais qui finit par structurer nos vies.
En regardant ces surfaces d’acier, ces formes répétées, j’ai aussi pensé à certaines de mes pièces.
Les colliers Naga, par leur matière et leur façon de capter la lumière, me rappellent ces objets. Il y a quelque chose de simple, presque vivant.
Je suis ressortie avec cette idée :
ce que l’on fait tous les jours, sans y penser, finit toujours par rester.