Là où peu de regards se posent

Là où peu de regards se posent

Je voudrais vous emmener avec moi là où peu de regards se posent.

Au nord-est de l’Inde, presque en suspension entre ciel et montagnes, il existe un État à part : le Nagaland.
Un territoire secret, longtemps préservé, composé de collines profondes, de vallées embrumées et de villages perchés. Ici, la nature impose son rythme. Les routes serpentent.
La faune et la flore y sont tout aussi saisissantes. Le paysage alterne forêts de sapins et de pins, collines couvertes de roseaux, vallées humides où poussent fougères, orchidées sauvages et fleurs aux couleurs presque irréelles. Une nature dense, vivante, indomptée. 

Si je suis au Nagaland aujourd’hui, ce n’est pas un hasard.
j’ai vécu avec un antiquaire et ensemble, nous avons travaillé sur des bijoux anciennes ainsi que des pièces de mobilier .

Des meubles sculptés directement dans des troncs d’arbres, souvent en teck. Des formes radicales, presque primitives, où la main de l’artisan dialogue avec la matière sans chercher à la dompter. Rien n’est lisse. Tout est juste. Un art brut que j adore ! 

Le Nagaland est une terre de tribus.
On en compte dix-sept, chacune avec ses codes, ses structures sociales, ses savoirs transmis de génération en génération. Ici, les communautés ne se définissent pas seulement par un territoire, mais par une organisation collective très forte.

Au cœur de cette organisation existe une institution essentielle : le morung.
Le morung est une maison communautaire, souvent monumentale, construite en bois. C’est un lieu de transmission. On y apprend les histoires fondatrices, les gestes artisanaux, les règles sociales, la relation à la nature. On y forge l’identité du groupe. Rien n’y est décoratif : chaque objet, chaque motif a une fonction, un sens, une mémoire.

Certaines tribus sont particulièrement reconnues pour des savoir-faire précis.
Les Konyak, par exemple, sont célèbres pour leur travail du bois et du métal. Leurs sculptures, leurs ornements en laiton, leurs formes puissantes et frontales incarnent un art brut radical, profondément ancré dans la matière.

Les Ao, eux, sont réputés pour leurs textiles. Le tissage est un langage à part entière : motifs, couleurs et rythmes racontent l’appartenance, le statut, les étapes de la vie. Le textile devient récit.

Dans le ciel, on aperçoit souvent le hornbill cet oiseau majestueux, presque mythique, emblème du Nagaland. Il traverse les villages comme un gardien silencieux.
Son image revient sans cesse, dans les récits, dans les objets, dans les fêtes. Il incarne la transmission, la force tranquille, l’équilibre entre la terre et le ciel.

C’est de là qu’est née mon inspiration pour la collection SS26.
J’ai voulu traduire cet esprit du Nagaland - sa force, sa simplicité, son langage instinctif dans une écriture contemporaine. Une collection qui ne copie pas, mais qui réinterprète. Qui transforme l’art brut en lignes épurées, le tribal en symboles sensibles.

Cette collection s’appelle Naga.
Vous la découvrirez fin janvier, début février.

Plus qu’un voyage, c’est une rencontre.
Un territoire qui m’accompagne depuis longtemps et qui, aujourd’hui, prend la forme de bijoux façonnés à ma manière. 

À très bientôt,

Dorothée