Grenat, citrine, labradorite… : le guide des pierres naturelles Dorothée Sausset
Origines géologiques, histoire culturelle et caractéristiques de chaque pierre de nos collections
Mes bijoux intègrent une sélection de pierres naturelles soigneusement choisies pour leur beauté, leur caractère et leur histoire. Voici un tour d'horizon de chacune d'entre elles : non pas sous l'angle des croyances, mais de la géologie, de la géographie et de l'histoire culturelle.
Le Grenat
Le grenat est l'une des pierres les plus anciennes utilisées en joaillerie. Son nom vient du latin « granatum », en référence aux graines de grenade dont il partage la couleur rouge profond. Mais le grenat n'est pas uniquement rouge : il existe en orangé, en vert et même en bleu (très rare).
On trouve des grenats sur tous les continents. Les plus réputés en joaillerie sont les grenats du Mozambique et d'Inde, les grenats démantoïdes de Russie (verts, à reflets spectaculaires), et les tsavorites du Kenya. Dans l'Antiquité, les Romains et les Grecs en faisaient grand usage dans leurs bijoux : des grenats ont été retrouvés dans des tombes royales datant de plusieurs millénaires.
La Pierre de lune
La pierre de lune appartient à la famille des feldspaths, et plus précisément aux adulaires. Sa caractéristique visuelle la plus remarquable est l'adularescence : ce phénomène optique unique qui produit un reflet bleuté ou argenté qui semble flotter à l'intérieur de la pierre lorsqu'elle est éclairée.
Les principales sources de pierre de lune sont le Sri Lanka, l'Inde, Madagascar et le Myanmar. La pierre de lune indienne, souvent plus orangée ou pêche que les variétés sri-lankaises, est particulièrement appréciée en joaillerie. Elle a connu un grand succès à l'époque de l'Art nouveau, où les joailliers comme René Lalique l'ont abondamment utilisée pour ses effets visuels irréels.
La Citrine
La citrine est une variété de quartz dont la couleur varie du jaune pâle au brun-orangé profond. Elle doit sa teinte à des traces de fer dans sa composition chimique. C'est l'une des pierres les plus abondantes du monde, et donc l'une des plus accessibles en joaillerie.
Les principales sources de citrine sont le Brésil, la Bolivie, Madagascar et la Zambie. Il faut noter que la grande majorité des citrines disponibles sur le marché sont en réalité des améthystes chauffées : l'améthyste, sous l'effet de la chaleur, vire au jaune. Une citrine naturelle non traitée est beaucoup plus rare et généralement d'une couleur plus pâle et subtile.
La Tourmaline rose et verte
La tourmaline est l'une des familles de pierres les plus diverses qui soit, avec une palette de couleurs couvrant pratiquement tout le spectre visible. La tourmaline rose (ou rubellite dans ses versions les plus intenses) tire sa couleur du manganèse. La tourmaline verte (ou verdélite) doit son caractère au chrome ou au vanadium.
Les principales sources mondiales de tourmalines sont le Brésil (premier producteur mondial), le Nigeria, le Mozambique et l'Afghanistan. Certaines tourmalines bicolores, dites « pastèque », présentent un cœur rose et une bordure verte dans la même pierre : un phénomène dû aux changements de conditions géologiques pendant leur formation.
Le Saphir
Le saphir est une variété de corindon (oxyde d'aluminium) de couleur bleue, la teinte provenant de traces de titane et de fer. Mais les saphirs existent également en rose, orange, vert, violet et même incolore : on les appelle alors saphirs fantaisie.
Les saphirs les plus réputés au monde viennent du Cachemire (pour leur bleu velouté sans pareil, devenu la référence absolue), du Sri Lanka (saphirs bleus plus clairs, aux reflets soyeux) et de Madagascar (diversité de couleurs remarquable). La Thaïlande est également un grand centre de traitement et de commerce des saphirs.
La Labradorite
La labradorite est un feldspath plagioclase dont la particularité visuelle est la labradorescence : un phénomène de diffraction de la lumière qui produit des éclairs de couleur spectaculaires dans des tons bleus, verts, orangés et parfois violets, selon l'angle d'observation. En surface, la pierre peut sembler grise et terne, mais dès qu'elle capte la lumière, elle s'embrase.
Elle tire son nom du Labrador, province du Canada où elle fut décrite pour la première fois en 1770 par des missionnaires moraves. On en trouve également en Finlande (spectaculaire labradorite finlandaise dite « spectrolite »), à Madagascar et en Russie.
Le Quartz
Le quartz est l'un des minéraux les plus abondants de la croûte terrestre. Sa pureté absolue donne le quartz hyalin (transparent), mais il existe en dizaines de variétés selon ses inclusions et impuretés : rose, fumé, rutilé (traversé de filaments d'or), aventuriné, etc. En bijouterie, le quartz cristal est souvent utilisé pour son éclat et sa brillance.
L'Onyx
L'onyx est une variété de calcédoine (elle-même une variété de quartz) caractérisée par ses bandes parallèles alternant noir et blanc. L'onyx noir utilisé en joaillerie est généralement une calcédoine teintée artificiellement : la véritable onyx noire totalement naturelle est rare. Cette pierre est utilisée en bijouterie depuis l'Antiquité, notamment en camées et en intailles.
La Perle d'eau douce
À la différence des perles de mer (produites principalement par des huîtres Pinctada dans des fermes perlières marines), les perles d'eau douce sont produites par des moules d'eau douce, principalement en Chine. Une même moule peut produire plusieurs dizaines de perles simultanément, ce qui explique leur relative accessibilité par rapport aux perles de mer.
Les perles d'eau douce se distinguent par leur grande variété de formes, de tailles et de couleurs : rondes, baroques, de couleur blanche, crème, lavande ou rose. Leur lustre nacré est produit par les couches successives de nacre (aragonite cristallisée) déposées par le mollusque. Plus les couches de nacre sont épaisses, plus le lustre est profond et durable.