La maison où l’on peut rester
Il existe des maisons qui ne sont pas faites de murs.
On y entre sans clé.
On y reste sans se justifier.
Chaque hiver, je pense à cette maison-là.
Moi, je mesure la chance que j’ai eue.
Celle de grandir dans une maison sans clé,
où l’on entrait sans frapper
et où chacun trouvait sa place.
J’y ai grandi entourée de mes deux frères et de mes deux sœurs,
de cousins, de cousines,
de rires qui circulaient librement,
de cette joie simple d’être nombreux, vivants, ensemble.
Une maison où l’on apprenait très tôt
qu’on pouvait toujours faire un peu de place
pour ceux qui arrivaient.
À Noël, on parle souvent de la famille comme d’une évidence.
Mais la vie est plus vaste que cela.
Il y a la famille dans laquelle on est né,
quand elle est là, quand elle protège, quand elle réchauffe.
Et puis il y a celle que l’on choisit,
celle auprès de qui l’on peut poser les armes,
être soi, simplement.
Ce sont ces présences-là qui font Noël.
Celles auprès de qui l’on se sent en sécurité.
Celles avec qui le silence ne fait pas peur.
Noël n’est peut-être rien d’autre que cela :
un moment où l’on se rassemble là où l’on se sent bien.
Là où l’on peut rester.
Et quand vient le temps d’offrir,
on ne cherche pas quelque chose d’éclatant.
On cherche un geste juste.
Quelque chose qui accompagne, qui veille, qui dure.
Alors parfois, on offre un bijou.
Non pour briller,
mais pour dire sans mots :
je suis là.
Je vous souhaite de tout cœur un Noël doux.
Que vous soyez entourés de la famille dans laquelle vous êtes nés
et qui vous rend heureux,
ou de celle que vous avez choisie,
ou d’un mélange des deux.
Là où vous vous sentez en sécurité.
Là où vous pouvez rester.
Dorothée